Hier je suis allé courir en forêt, et comme régulièrement quand je me retrouve seul dans la nature, je suis immédiatement projeté dans mes souvenirs du TOR. J’écoute ma playlist du TOR. Je regarde et scrute les dates d’inscription du TOR 2026. Je suis hanté par le TOR 😊

Pendant quelques semaines après la course, en allant me coucher le soir je me disais : « Chouette je peux dormir une nuit complète. » Les épisodes de ma vie quotidienne s’étalonnaient sur le TOR. Si j’avais mal dormi, je me disais que ce n’était pas bien grave, que pendant 1 semaine je n’avais régulièrement dormi qu’une ou deux heures et était  reparti pour 15 ou 20 heures d’effort ensuite et que j’en étais pas mort !

Cela donne à la fois une grande confiance mais cela marque aussi un retour parfois difficile à la vie quotidienne. Cette année je me sens à la fois à la fois libre de ne pas avoir de grand projet de course, mais je me sens aussi orphelin de ne pas participer au TOR. J’y reviendrai c’est sûr.

Cela demande néanmoins un pourquoi et une intense envie de le faire. Je dois encore résoudre ces questions. L’an passé tout cela s’est déroulé comme une évidence. Toute la préparation tournée vers un objectif, une seule idée en tête, une seule musique dans la tête, au propre comme au figuré : le TOR, faire le TOR, finir le TOR. Une obsession positive, trop grande pour être appréhendée, mais qui avait l’infini mérite de tirer en avant toute une saison pour finir par, je l’espérais, une apothéose sportive et mentale.

Après le TOR, je me suis foutu la paix quelques semaines… mais après avoir quand même fait le tour du Lac léman en équipe la semaine d’après lors de la RunMate… ça a permis de voir qu’il n’y avait pas de bobos, outre une bonne fatigue physique 😊

 Puis ensuite petite hibernation hivernale, ski de fond, en roue libre jusqu’à fin décembre.

En ce début d’année pourtant, même si je n’ai pas d’objectif important pour le moment, je cale mon dénivelé et mon kilomètrage sur celui de l’an passé, comme pour se dire : si je refais le TOR je serai prêt… Mais ce ne sera pas pour cette année, les planètes ne s’alignent pas et il faut aussi , je pense, digérer tout cela et repartir dans l’aventure avec une raison suffisamment forte pour refaire la grande boucle.

Quoiqu’il en soit, je guette les inscriptions 2026, je regarde qui est inscrit, je reconnais des noms de participants avec qui j’ai partagé des moments en 2025 dans la vallée d’Aoste. J’ai aussi pris note que les participants de l’Adamello Ultra Trail en septembre prochain proche du lac de Garde auraient 15 dossards réservés pour participer au TOR 2027, bref, si les souvenirs de 2025 s’estompent, la lueur d’un futur TOR s’allume. Pas envie de faire une autre course. Bon sang de fixation 😊

Tout cela me fait aussi porter un regard sur la pratique du trail et la participation aux courses. Je ne me sens plus l’envie de participer à plein d’événements, je préfère partir des heures seul en montagne, mais je me rends compte également que la richesse d’une très longue course vient aussi des rencontres qu’on y fait. Chaque coureur doit avoir une sacrée bonne raison de faire ce genre de chose, et ces raisons sont toujours intéressantes à comprendre en filigrane. Et partager la même maladie mentale avec d’autres coureurs, ça fait du bien parfois, on se sent moins seul 😊

Durant le Tor, j’ai apprécié d’être plongé 90% du temps dans un périple solitaire, mais les 10 autres pourcents liés aux rencontres ont pesé tout autant dans la balance. Même si je n’ai cotoyé que quelques heures Marc, David, Elsa, Fred, Xavier ou Marco, chaque rencontre a été enrichissante.

J’ai eu plaisir à revoir Xavier et Vincent, à pouvoir discuter de nos aventures sur cette grande boucle. Je jette aussi toujours un œil sur les noms des inscrits 2026… pour voir si David y participera une 4ème fois ! Et je l’envie et le comprends, alors que je lui disais qu’il était fou l’an dernier d’y revenir chaque fois ! J’apprécie de lire le blog d’Elsa sur son expérience au TOR et son ressenti durant les mois qui ont suivi. Cela rafraîchit mon faible niveau d’espagnol et me dit que l’on ne rencontre décidément des profils comme cela que sur des courses pareilles.

Cette année sera faite pour le moment du Trail des Colombettes à Vuadens. Parce que c’est quand même chez moi don ! Et ensuite, comme mon été sera tout rempli par un beau voyage, je voudrais caser un gros morceau en juin, histoire de quand même promener ses jambes la moindre. Certainement le Scenic Trail au Tessin… parce que je n’ai trouvé que ça qui durait assez longtemps et dont les inscriptions n’étaient pas bouclées… Et ensuite…pourquoi pas ce fameux trail proche du lac de Garde en septembre…qui donne 15 dossards aux finishers, pour participer au Tor 2027 ! Un petit 100 ou 170 pour finir la saison et repartir avec une chance de ticket d’entrée… A réfléchir !

Je me réjouis aussi de suivre l’aventure d’un certain Thierry, sur un certain 360 en Valais et la CCC de Nathan en août…(en attendant l’UTMB 2032 de Julien…) et de tirer quelques kilomètres et/ou quelques bières avec l’équipe des Rupa Tsemin, sur un événement à déterminer. Et aussi aller tirer une joélette avec Loisirs pour Tous ou l’Association Différence Solidaire. Je n’ai pas encore plongé dans ce bain et cela m’ennuie d’être en retard dans ce projet.

Et j’aimerais aller me faire une grosse tirée sur un week-end entre mai et octobre : je pars vendredi soir et je reviens dimanche soir. Et je marche, cours en montagne nuit et jour. Pas plus, ni moins… ça on peut le faire sans trop avoir besoin de se prendre la tête.

Au final l’important c’est toujours d’avoir une bonne raison de faire les choses. Et c’est parfois une période difficile quand on arrive à la croisée des chemins : qu’est-ce qui a du sens, qu’est-ce qui n’en a plus. Mais c’est un travail essentiel à faire pour ne pas aller dans le mur, ne pas faire la course de trop, celle qui nous fera douter et quitter la piste.

Comme dans la vie, dans le travail, il faut savoir changer, s’adapter, ne pas rester dans un chemin qui ne mène nulle part et n’amène plus rien et savoir reprendre parfois des sentiers et des chemins de travers pour découvrir, progresser, et savoir ce que sera notre prochaine obsession…

Et si je ne trouve pas, j’irai sûrement réfléchir à ma prochaine obsession … au TOR !

Bon début de saison à vous tous et peut-être à bientôt sur les sentiers !

Fred

fred@tercier.ch